Batalla en el Cielo : premières réactions
Par Matador, lundi 16 mai 2005 à 18:53 :: Cinéma :: #17 :: rss
Après la projection du film ce dimanche, les premières critiques du film mexicain en compétition officielle à Cannes
Le film aurait pû passer inaperçu à côté de la projection de Star Wars, mais semble-t-il que le film ai fait son effet parmi la critique, qui dégage plutôt un "bilan" positif.
Voici le synopsis du film :
Marcos, chauffeur, et son épouse enlèvent un bébé, mais le kidnapping tourne mal et le bébé meurt, sans que l'on sache comment (car s'étant déroulé avant le début du film).
Il confie alors son secret à la fille de son patron, Ana, qui se prostitue par fantaisie. C'est alors que naît une relation entre ses deux personnes de part ce secret qu'ils partagent.
Le film peut en rebuter certains, par sa scène d'ouverture qui entre directement dans le vif du sujet, à en croire ces lignes de l'article de Le Monde :
Il s'agit d'une fellation, filmée en plan serré, comme jamais encore on n'en avait filmée. Avec une lenteur infinie, avec une douceur infinie, comme une effusion douloureuse, comme l'expression d'une configuration métaphysique. Lui d'abord, obèse, basané et recueilli. Elle ensuite, au terme d'un mouvement insensible qui révèle sa tête collée au pubis et la blondeur de ses tresses, puis, dans le contre-champ qui dévoile l'organe, la clôture spirituelle des paupières, la blancheur et la jeunesse de sa chair. Contrairement à la fameuse peinture de Magritte, aucun texte n'est requis pour signifier que Ceci n'est pas une pipe. La douceur enveloppante du mouvement, la pétrification des corps, le contraste des peaux, la souffrance extatique d'une larme qui coule y suffisent. Ceci n'est pas une pipe, c'est une séquence qui suggère, par et dans la chair, l'état d'un monde en proie à l'inégalité des origines et des états, à la jouissance sensuelle de la guerre, à l'utopie de la réconciliation. Une séquence de pornographie morale et sociale inscrite dans le corps à corps du plaisir et de la souffrance, comme a pu le faire le cinéaste Fassbinder.
En France, il faudra attendre l'automne pour pouvoir le décourvrir. On espère une bonne carrière pour ce film du réalisateur de Japon.



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